À la rencontre de Loïc Koenig !

Notre mêtier

Loïc Koenig est un acteur reconnu du secteur sucrier, dans lequel il évolue depuis le début de sa carrière. Diplômé en ingénierie, il débute chez Alteo en tant qu’Ingénieur Projet avant de rejoindre le continent africain, où il exerce pendant sept ans, assumant successivement les fonctions de Responsable de Maintenance Mécanique, puis de Responsable du Cluster Industriel. Fort de cette expérience internationale et d’une solide expertise sectorielle, il est nommé General Manager d’Agriterra en janvier 2026.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce nouveau challenge ?

Je ressentais d’abord le besoin de revenir sur mon île. Ensuite, je voulais continuer à grandir dans ma carrière en endossant davantage de responsabilités. Bien que je provienne d’un milieu industriel, l’aspect agricole y est toutefois intrinsèquement lié et constitue un enjeu majeur au sein de notre industrie. L’industrie sucrière ne bénéficie pas toujours de la reconnaissance qu’elle mérite. Ses nombreuses contributions à l’économie, à l’emploi et au développement durable ne sont pas toujours pleinement mises en lumière. Longtemps perçue comme un secteur traditionnel peu enclin à l’innovation, l’industrie agricole est pourtant à la pointe des avancées technologiques et se réinvente en permanence. Rejoindre Agriterra est pour moi l’opportunité de contribuer à un secteur résolument moderne et en pleine transformation.

Quelles ont été vos premières impressions en prenant les rênes d’Agriterra ?

J’ai eu l’opportunité d’évoluer dans un environnement particulièrement dynamique, au sein d’une équipe engagée, animée par une véritable culture de l’excellence et un esprit de cohésion remarquable. Il est particulièrement stimulant d’être entouré de collaborateurs ouverts d’esprit, portés par une volonté d’innover et d’explorer de nouvelles approches.

Quels sont vos grands chantiers prioritaires pour cette première année ?

L’un de nos premiers axes de travail consistera à optimiser la capacité de production, tant au niveau industriel qu’agricole, avec pour objectif d’accroître le rendement à l’hectare et d’augmenter le volume de sucre produit, grâce à une canne plus riche et à une usine plus performante. Nous avons également démarré notre projet de compostage industriel à grande échelle.

La valorisation des co-produits constitue en effet un enjeu stratégique. Les écumes et cendres de bagasse seront ainsi réintégrées dans un cycle de compostage industriel, permettant d’enrichir les sols et de valoriser près de 20 000 tonnes de co-produits jusqu’alors non ou peu exploités.

Sur le plan agricole, notre stratégie s’articulera autour de trois axes prioritaires : en premier lieu, le développement et l’amélioration des surfaces sous culture de canne ; en second lieu, la mise en valeur des terres non exploitées ; et enfin, une diversification agricole renforcée, orientée vers une production locale à haute valeur ajoutée.

Enfin, nous mettrons un place un programme de service intégré à destination de l’ensemble des acteurs agricoles du nord, incluant la prise en charge complète de la gestion des champs pour les planteurs de la région.

Quelle est votre vision pour Agriterra dans les prochaines années ?

Les projets et ambitions ne manquent pas. Comme évoqué précédemment, notre priorité sera de consolider nos fondations, d’améliorer les rendements de canne et d’accroître la capacité de production de notre usine. Parallèlement, nous souhaitons créer un véritable écosystème de partenariat avec l’ensemble des parties prenantes qui gravitent autour de nous, en leur permettant de bénéficier de nos économies d’échelle, dans une logique de soutien et de pérennisation de notre industrie.

Nous entendons également optimiser la valorisation de nos terres en adoptant une approche agricole plus responsable et porteuse de sens : développement du compostage, pratiques de régénération des sols et recours accru à la matière organique constituent autant de leviers que nous souhaitons activer. Enfin, l’enjeu sera d’insuffler une dynamique nouvelle aux projets existants, en restant pleinement connectés aux réalités du secteur et en plaçant l’humain au cœur de notre approche.

Comment comptez-vous positionner Agriterra face aux défis du secteur agricole à Maurice ?

L’année écoulée a été marquée par des défis significatifs, au premier rang desquels la hausse sensible des coûts des intrants, produits agrochimiques, fertilisants, ainsi que la volatilité des prix du carburant. L’ensemble de nos opérations reposant sur des équipements à motorisation diesel, nous demeurons fortement exposés aux fluctuations du marché pétrolier. Cette réalité nous invite à engager une réflexion approfondie sur la réduction de cette dépendance, notamment à travers une transition progressive vers des équipements et véhicules électriques, un chantier de long terme que nous entendons amorcer à échelle mesurée.

Le changement climatique constitue par ailleurs un facteur de risque croissant sur lequel nous n’avons pas de prise directe, mais dont les effets sur la production agricole et la disponibilité en eau sont de plus en plus marqués. Cette année, nous avons fait face à une sécheresse prononcée, avec une pluviométrie atteignant seulement 40 % de la normale saison pour le Nord. Face à cette situation, nous avons maintenu notre résilience opérationnelle grâce au recours à l’irrigation d’appoint. Les solutions existent et nous y répondons avec le recul et l’agilité qui caractérisent notre approche, des qualités que nous continuerons de cultiver et de renforcer au sein d’Agriterra.